Vestiges
Naufrager de la grève terrestre.
Gestes fantomatiques. Réalité volatile, fuyante. Tourment labyrinthique, absence de signalisation. Tour à tour l'aiguille fait sa ronde et ce corps qui ne m'appartiens plus. Ankylosée par ce cœur de plomb. Composites en putréfaction. Je songe qu'il faudrait un interrupteur pour pouvoir se quitter de temps à autre. Prendre le large. Lever les voiles, larguer les amarres, monter à bord d'une sonde cosmique, cap sur Gemma Frisius. Adieu la terre, adieu pays, adieu corps putride. Que l'on m'estampille comète spatiale et que jamais plus je ne sois un être martyre de la gravité. Terrible naufragée de la grève terrestre. Le sel m'en ressort par les sillons nasogéniens, par les orbites, par les lobes d'oreilles. Terrible âcreté qui maraude en vase clos. Stigmates vermoulu de sel sous lesquelles reluis un cœur fraîchement conservé; à la hune du prochain cœur naufragé.
Épouse moi. Prends moi, retiens moi de cette chute stratosphérique infinis qui me poursuit dans la nuit sans étoile. Égrène mon cœur et retiens moi de l'ultime regard en arrière, de ces heures perdus, des ces heures meurtris et braise ma chair nu, braise ma chair et jouis de me voir trembler de douleur ainsi sans un bruit, sans un mot, sans un souffle. Que de grâce me soi accordé que d'être fin soustraite à moi même dans la douleur perçante. Que de grâce m'en soit accordé une renaissance.
Phoenix des océans. T'es plumes reluisent en fonds marins comme un trésor longtemps oublié.

Commentaires
Enregistrer un commentaire