Homeostasia



J'aurais voulu être bergère;

Me mouvoir dans ces aurores qui arborent une poésie des sens minutieuse et rythmé ; que chaque matin me soit promesse de rosée solitaire, de fraîcheur d'âme, de numinosité. De palpitations candides devant l'intimité des aubes irisés, de vastes étendus ; d'une saveur d'extase à l'être débordant de ses propres yeux, un délice d'absolu. Et l’écho de mon cœur sur le versant de la vallée, à l'unissons du bêlement des moutons, de l'eau des ruisseaux. 

Le calme; M'enraciné dans ce calme; de celui qui n'attends rien. De celui qui se repose dans l'infinité des plaines; qui se glisse dans l'amplitude que chaque pas propulse jusque dans un cœur noué.

Pas après pas, s'alléger. S’alléger dans l'exercice d'humilité ; le renoncement à se moudre dans l'iris d'un quidam. S'acquitter du simulacre, de toute définition étriqué et étriquante, de parures postiches et usurpantes qui empressent tout regards prolongés entre deux inconnus fuyant cette mise à nu tacite. S'avouer vaincu par avance de l'éphéméritude, la vanité d'appartenance. Vivre dans la liberté qu'insuffle l'aveu continuel de notre condition véritable.

J'aurais voulu être à nue, spectatrice de ce feu d'artifice. 
Etre là, être là et ne rien essayer d'en faire de plus.


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