Abrasif



Visiter les hécatombes. Adresser un salut feutré à Lucifer. Dans les entrailles, les limbes, ce lieu ou nous refusons l’accès à tous, y compris nous-même. Le refuge de la peur qui ravage. Se purifier. Balayer les recoins poussiéreux. Oublier tous les éléments extérieurs, faire abstraction totale de nos fondements, de nos certitudes, rompre avec le passé et l’avenir. Être là. Maintenant. Reconnaître les illusions, de cette danse lancinante qui nous mène en valse par dessous la poitrine. Admettre de s’en délivrer ainsi, en leur octroyant la place et l'espace dont elles ont besoins à traverser nos chairs d'un nuage flottant qui n'agrippe pas. Cette terrible obsession à trop vouloir se rapprocher de la vérité, de l'absolu. Voguer avec ce cap là, ce moteur là, tout en acceptant l’irrémédiable naufrage, s'avouer l’île hors d'atteinte, et ce trésor à tout jamais flottant dans les souterrains de l'océan, de chimère doré et du précieux luisant de pierres. N'est il pas la plus grande épreuve que l’on ne puisse jamais affronter ? S’enquérir et cheminer ?

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