JOUR BLEU FALLACIEUX



Ciel gris, silencieux.

Cet espace dont l’étendue se soumet à nos désirs, à nos états d’âmes.

La vastitude observée s'amplifie jusque dans le nombril. 

Des chuchotements lointains s'échappent depuis la forêt. 

Deux timbres de voix distincts font échos dans la vallée. Ils parviennent à moi, se glissent et tourbillonnent jusque dans le pavillon de mes oreilles. 

L'une me dit qu'il faut poursuivre la route, que nos rêves nous rapprochent du ciel, qu'il faut être magnanime. L'autre me brutalise, me flanque à l'envers. Elle me brime et s’écrie : tu ne connaîtras que le goût de l'enfer !

Je me met compulsivement à chercher une faille espérant pouvoir me faire la malle en douce. L'âme mendiante, depuis ce couloir exigus qui résonne en un vacarme d'absurdités. Partout. Partout autour un mur, mon mur. Sur les rebords de mon existence, sous le derme de ma peau, ce mur, MON mur. Depuis le début. Le salaud avait anticipé la course. J’ai tout tenté. Une accélération, quelque feintes, un sprint, rien à faire. Toujours une longueur d’avance. Ecchymoses, haletante, échine broyé. La pièce manquante siphonne aux oubliettes. L'énigme se cuirasse un peu plus encore. Mur éternel. Névrose sempiternelle. Ce mur, mon mur. Tu prends de l'allure. Je fais du bon boulot. Brique par brique. Pas à pas, peu à peu. Loin de mes rêves, de mon enfance, de la douceur et des dessins, de la tendresse... Dilution minutieuse, disparition totale. Bientôt j'habiterais l'éther. Me seras tu fidèle ? 

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